La contracture musculaire

Même si la contracture musculaire est une blessure généralement sans séquelle permanente, il n’en demeure pas moins que nous devons la prendre avec sérieux et considération. Elle est principalement le résultat d’un excès de travail du muscle, qui communique à sa façon, une fatigue imminente, qui pourrait éventuellement conduire à une blessure beaucoup plus sérieuse. Advenant le cas d’une telle situation, il est important de connaître les directives à suivre afin d’éviter de compromettre notre entraînement en lui permettant d’être beaucoup plus sécuritaire et efficace.

Définition : Contraction douloureuse, prolongée et involontaire d’un certain nombre de fibres, au sein d’un même muscle ou d’un groupe de muscles, qui n’est généralement pas liée à une lésion des fibres musculaires. La contracture se produit le plus souvent au niveau des mollets, des cuisses, des fesses, des gouttières vertébrales et du cou.

Pour mieux comprendre les mécanismes des causes de la contracture, voici en détail les comportements physiologiques en relation avec les causes de la contracture.

  1. Fatigue musculaire : Bien que les explications réelles des causes soient mal connues, on pense que certaines fibres victimes de fatigue restent en contraction et ne se relâchent plus étant donné qu’elles manquent d’énergie. Elles peuvent avoir souffert d’une forte concentration en acide lactique, en ammonium ainsi que d’un manque d’oxygène. Pour que les muscles se contractent, il faut que le taux de calcium libre augmente. Puis, pour que ces muscles se relâchent, il faut que ce taux de calcium diminue. Dans des conditions d’acidité, les enzymes ne sont pas efficaces et entraînent une diminution de l’ATP (énergie du muscle). Un manque au niveau de l’ATP empêche le calcium de se retirer de la cellule musculaire. La décontraction devient difficile. C’est une forme de crampe légère, mais localisée. En restant contractée, la fibre est en quelque sorte immobilisée en attendant des conditions meilleures. Mais comme les autres fibres voisines continuent à se contracter et à se relâcher, il se produit des tiraillements et un manque de synchronisme. Le risque de petite déchirure devient accru si on ne met pas le sportif au repos.
  2. Entraînement sportif mal effectué : Lors d’un entraînement, le sportif peut user d’un mauvais jugement en dépassant les limites de son corps, provoquant ainsi des microlésions au niveau du muscle et provoquant des spasmes et crampes momentanées. Ceux-ci auront l’inconvénient d’emprisonner les déchets dans le muscle et plus particulièrement l’acide lactique qui est produit durant un exercice intense. La douleur et l’irritation n’en sont qu’accentuées.
  3. Les plus récentes données actuelles dans la médecine sportive nous recommandent l’étirement après l’exercice en raison, entre autres, d’une inhibition de la douleur suite à l’étirement qui nous rendrait moins alerte à la blessure éventuelle. À moins d’être une danseuse de ballet ou une trapéziste, l’étirement devrait se faire après l’exercice ou l’entraînement. Le réchauffement global avant est donc grandement favorisé.
  4. Mauvaise posture : Lorsque nous sommes longtemps dans une même position, il y a une déformation progressive qui se dessine dans les tissus de maintien de la colonne. Les ligaments, qui soutiennent les vertèbres en place, s’étirent graduellement. Donc si notre corps se rend compte d’un danger pour les vertèbres par manque d’efficacité d’un ligament, il peut en résulter d’un spasme musculaire. C’est le cas pour le torticolis causé par une mauvaise posture de sommeil.
  5. Infection virale : Les infections virales peuvent jouer un rôle de premier plan en attaquant l’organisme et en déclenchant une défense immunitaire pouvant prendre la forme d’une contracture musculaire.
  6. Traumatisme sportif : Dans le cas d’une blessure musculaire, la contracture est dite secondaire et la contracture est directement liée à un mécanisme de protection réflexe de la blessure. Survenant sous l’action d’une simulation nerveuse, l’irritation au niveau de la racine, du plexus ou de la branche nerveuse périphérique aura plutôt tendance à entraîner des contractures de plusieurs muscles. (À noter que la réaction réflexe peut également être liée à une fatigue musculaire ou un étirement excessif)
  7. Déshydratation : La déshydratation provoque un manque en sels minéraux, indispensables au  bon fonctionnement des muscles (calcium, sodium et potassium plus particulièrement), ce qui encourage la contracture musculaire. Comme nous l’avons mentionné plus haut, la diminution de la circulation sanguine provoquée par un gonflement important du muscle empêche les déchets tel que l’acide lactique de s’évacuer des cellules musculaires.
  8. Grossesse : Pendant la grossesse, les besoins en calcium sont accentués et une carence peut causer des crampes musculaires. (La crampe musculaire se différencie de la contracture par la durée (Quelques minutes comparativement = 5 à 10 jours pour la contracture).
  9. Déséquilibre des électrolytes : Une carence ou un surplus en sels minéraux n’est pas particulièrement fréquent et est parfois provoqué par un dérèglement ou une tumeur des grandes surrénales. Un manque à ce niveau peut perturber le bon fonctionnement des muscles étant donné que les électrolytes ont un rôle de transport du message de la contraction et du relâchement des muscles.
  10. Myosite ossifiante : Affection rare qui peut provoquer des contractures et qui est caractérisée par la production de formations osseuses multiples dans le système conjonctif intra et périmusculaire. Les fibres musculaires perdent ainsi leur souplesse et répondent moins bien au message de contraction-relâchement.

Symptomatologie

Petite sensation de tension musculaire prolongée au moment de l’effort. À l’issue de celle-ci cette sensation s’estompe. Par la suite, la survenue est progressive et la plupart du temps bénigne étant donné que la douleur  apparaît souvent le lendemain ou le surlendemain. Elle dure généralement de 5 à 10 jours.

Diagnostic

Le médecin posera un diagnostic en procédant à un examen clinique par évaluation subjective et objective des données. Il pourra effectuer une radiographie pour éliminer tout cas de fractures ou autre blessure et la résonance magnétique pourra être pris en considération si la blessure ne s’améliore pas après quelques semaines. Par exemple, un diagnostique de myosite ossifiante pourrait être identifié par échographie, scintigraphie osseuse ou par IRM.
Si le médecin en voit la nécessité il pourra effectuer des tests sanguins et urinaires afin de voir si un déséquilibre des électrolytes ou autre pathologie ne pourraient pas être en cause.

Diagnostic différentiel

  • Compression nerveuse
  • Contusion
  • Phlébite
  • Élongation
  • Tumeur ou infection virale

Traitement

  • Repos complet des activités sportives durant une période de 5 à 7 jours
  • Massothérapie
  • Étirement doux et sans douleur
  • Chaleur humide (mieux conduite aux tissus qu’une chaleur sèche)
  • Application d’une crème décontracturante
  • Prise de médicament (relaxant musculaire sur conseil du médecin)
  • Reprise progressive des activités une fois la contracture disparue

Aspects évolutifs, complications et prévention

La contracture doit être prise au sérieux, car elle peut évoluer vers une  situation plus grave telle une déchirure musculaire sur un effort violent effectué sur cette contracture. Le sportif aura à être traité sur une période beaucoup plus importante et sa guérison sera beaucoup plus lente (1 mois 1/2 de repos au minimum).

Conseils pratiquesMove to Trash

  1. Durant et après l’exercise, assurez vous de bien vous hydrater. L’hydratation permet, en autres, le transport d’oxygène et des substances nutritives au niveau des fibres musculaires.
  2. Alternez l’eau et les boissons pour sportifs, qui ont l’avantage de contenir des sels et des minéraux. Les crampes peuvent être causées par un manque de sodium et de potassium dans le muscle. Diluez les boissons pour sportifs, qui contiennent souvent trop de sucre. Ces boissons devraient être limitées aux activités intenses qui durent plus d’une heure.
  3. Reconnaissez les signes de fatigue et sachez vous arrêter avant que les crampes n’apparaissent.
  4. Progressez graduellement dans un sport. La fatigue musculaire qui survient lorsque le muscle n’est pas habitué à fournir la force demandée peut causer les crampes.

 

Références

www.doctissimo.fr

http://www.akelys.com

http://www.ptjournal.org/

http://www.physiotherapy.ca/

Kendall, F.P.; McCreary, E.K.; Provence, P.G. (1995).Les muscles : bilan et étude fonctionnels, anomalies et douleurs posturales. 4è édition. Édition Pradel, Paris, 440 pages.
Thomas Einsingbach, Armin Klümper, et Lutz Biedermann. (1999). Physiothérapie sportive et rééducation. 4è édition. Édition Vigot, Paris, 291 pages.
Elaine N. Marieb. (2000). Biologie humaine : Anatomie et Physiologie. 6e édition. Édition DeBoeK, Saint-Laurent, 542 pages.

Frédéric Delavier est un ancien étudiant des beaux-arts et un passionné de bio-mécanique et musculation. Il est l’auteur du best-seller mondial Guide des mouvements de musculation, un livre très bien fait que je recommande régulièrement