Selon la Banque mondiale  et les nations unis, la crise alimentaire mondiale est en train de détruire des années d’effort dans le combat contre la pauvreté. Cela implique plus de 100 millions de gens que l’on pousse à s’enfoncer de plus en plus dans la pauvreté, en plus de 37 pays, parmi les plus pauvres, qui pourraient se voir s’enliser dans un désordre social sans merci.

Contrairement aux crises alimentaires que l’on a connu dans le passé, ce n’est pas le manque de nourriture qui est le principal problème, mais bien la hausse rapide et démesurée des prix des aliments. Les économistes souhaitent une hausse de la production, mais bien sûre, là n’est pas la seule solution. En Haïti, les étagères de plusieurs marchés sont bien garnies, cependant, la population n’a pas les moyens d’acheter les produits, ce qui attise la rage et la frustration des habitants.

Selon la Banque mondiale, les prix des aliments ont grimpé de 83 % dans les trois dernières années seulement. Le blé a augmenté de 181 % et au cours des deux derniers mois, le prix du riz, la première denrée alimentaire pour la moitié de la population mondiale, a grimpé de 75 %. Si nous calculons qu’une personne sur deux ne vit qu’avec 2 $ ou moins par jour, et ce, pour la majorité des êtres humains, nous constatons l’alimentation requiert 75 % de leur revenus. Pour comparer, en Amérique du nord, c’est 20%. Chaque jour, des dizaines de milliers de personnes s’ajoutent à la liste de gens qui souffraient déjà de la faim, avant cette crise.

Quelques unes des causes

  1. Plusieurs pays, dont ceux que l’on nomme « pays émergents », connaissent un développement socio-économique remarquable. La demande provenant de la Chine, de l’Inde et du Brésil, notamment, ne cesse d’accroître, et leurs besoins augmentent sans cesse. De plus, la production de viande, qui fait partie de l’augmentation de la demande, nécessite une quantité importante de céréales, ce qui fait grimper les prix.
  2. Les changements climatiques apportent également son lot de problèmes. Les sécheresses dans certains pays, les inondations et de trop fortes pluies perturbent les productions de toutes sortes et si l’on se fie aux prévisions des experts, le réchauffement de la planète va se poursuivre et provoquer d’autres bouleversements sociaux et économiques.
  3. Près de 20 % de la production céréalière aux États-Unis est aujourd’hui affectée à approvisionner des usines d’éthanol. Une quantité phénoménale de denrées alimentaires, principalement du maïs, sert aujourd’hui à créer un biocarburant dont l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre. À la lumière des résultats, c’est un échec.
  4. La récession éventuelle américaine provoque un déséquilibre concernant les investissements dans les actions et les obligations. Les financiers préfèrent se lancer dans les transactions qui impliquent des produits dont la demande ne diminuera pas, tel que le pétrole, l’or, le cuivre, le zinc, l’alimentation etc.

Les conséquences principales

  1. La faim.
  2. La réduction de l’efficacité et de la capacité des organismes d’aide internationale dans leur combat contre la pauvreté dans le monde. L’ONU réclame 500 millions de dollars en aide immédiate, ce qui est loin d’être négligeable.
  3. En une journée, le prix du riz a grimpé de 30 % en Asie et a provoqué une certaine panique. D’ailleurs, pour protéger leur marché et répondre à la demande interne, plusieurs pays ont décidé d’arrêter l’exportation de leurs denrées. L’Indonésie, par exemple, important producteur de riz, a décidé de fermer sa frontière à l’exportation de cette denrée de base. La réduction des échanges sur les produits alimentaires et les prix élevés provoquent une chute des réserves.

Quelques solutions

  1. Favoriser la souveraineté alimentaire : Encourager l’indépendance alimentaire des peuples. De cette façon, des millions d’Africains seraient protégé. Le Sénégal, par exemple, dépend à 90 % des importations d’aliments. La situation dans ce pays est insoutenable.
  2. Protéger l’alimentation de la spéculation : Le ministre des Affaires étrangères de la France, Bernard Kouchner, a lancé un appel en faveur de l’interdiction de la spéculation sur les produits alimentaires. Nous devons « empêcher la spéculation qui s’abat sur les matières premières alimentaires comme le blé, comme le riz. Il est inconcevable de penser que le prix de besoins essentiels dépend des spéculateurs et des financiers. Les gouvernements doivent agir.
  3. Cesser de produire de l’éthanol : Il faut cesser de subventionner cette industrie qui détourne une quantité exorbitante de denrées destinées à la fabrication de biocarburants.
  4. Changer nos habitudes : Les pays développés doivent réduire leur consommation excessive. Nous devrions également produire plus pour répondre à la demande.

Tous ces éléments nous indiquent que les règles du jeu doivent changer et qu’il est temps de mettre la sécurité et la souveraineté alimentaire à l’ordre du jour. Personne n’a le droit d’accepter la famine d’un des nôtres. Nous sommes tous des citoyens de la terre et en tant qu’êtres humains, nous ne pouvons rester indifférents face à cette problématique. Et si c’était votre enfant qui avait faim?

Sites de référence

Visitez le site de worldbank.org pour en savoir plus