D’après une étude publiée dans Pnas, le 27 août 2012, la marijuana est nocive pour le cerveau!

Une équipe de chercheurs ont suivi des volontaires, depuis leur naissance jusqu’à l’âge de 38 ans, afin d’étudier l’impact de la consommation de cannabis sur les aptitudes intellectuelles. Les plus grands consommateurs, particulièrement ceux qui ont débuté à l’adolescence, ont perdu jusqu’à 8 points de leur QI (quotient intellectuel) sur une période de 25 ans.

Nous savions depuis longtemps que le cannabis était nocif pour le cerveau des ados, mais aucune étude n’avait jusqu’alors étudié le phénomène sur une aussi longue période. Certains des jeunes qui faisaient partie de l’échantillonnage consommaient de façon régulière du cannabis et d’autres sur une base occasionnelle. Les volontaires ont été testés à plusieurs reprises depuis leur plus jeune âge jusqu’à aujourd’hui à l’aide de questionnaires afin d’évaluer leurs habitudes de vie, de consommation et leurs aptitudes intellectuelles.

Madame Madeleine Meier, psychologue à Duke University de Caroline du Nord et auteure principale de cette recherche affirme qu’à la fin de l’étude, une différence de 8 points a été notée entre les plus grands consommateurs et les autres. Nous savons déjà que le QI est supposé resté stable en vieillissant. Mme Meier ajoute que les personnes n’ayant jamais consommé du cannabis présentaient même une légère progression de leur QI.

La mémoire

Les grands consommateurs de marijuana ont également présenté une plus petite capacité de concentration, un mémoire moins performante et ont obtenu de moins bons résultats lors des tests d’évaluation de certaines facultés mentales ainsi que de leur vitesse à traiter l’information.

« Nous savons que le QI est la pierre angulaire qui détermine les chances de pouvoir accéder à des études supérieures, à de meilleurs revenus et pour l’accès à de meilleurs emplois et à la performance au travail. », souligne Mme Meier. « Une personne qui perd huit points de son quotient intellectuel au cours de sa jeunesse peut se retrouver grandement désavantagée comparativement à ses pairs », et ce, pour le reste de leur vie, conclut-elle, insistant sur le fait que cette différence majeure ne serait pas due à d’autres facteurs tels que l’éducation, l’alcool, autres drogues, etc.

Consommation à l’adolescence

Les fumeurs qui ont commencé à consommer du cannabis à l’âge adulte ne souffraient pas d’une telle différence de point au niveau du QI. Seuls les fumeurs qui commencent à consommer à un jeune âge ont été affectés lors de cette étude. Mme Meier nous rappelle que l’adolescence est une période critique au développement du cerveau. Elle explique que dans cette tranche d’âge, le cerveau prend de la maturité et subit de nombreuses modifications. Fumer du cannabis a un impact direct sur le mental et c’est alors que les adolescents peuvent perturber le développement normal de leur cerveau. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle étude ouvrira certainement la porte à un débat éventuel sur le sujet.

Il est à noter que les candidats  qui ont diminué leur consommation au cours de la dernière année de la recherche n’ont pas obtenu de meilleurs résultats. Ce qui nous indique que l’effet nocif du cannabis est irréversible. Le manque de données relatives est toutefois insuffisant ainsi que le nombre de personnes évaluées pour en tirer des conclusions définitives.